Départ

Départ : l’aventure commence ici

Bienvenue à toi visiteur. Bienvenue sur Transhumance. Tout d’abord, faisons les présentations. Il n’y a pas meilleure introduction. Transhumance, qu’est-ce donc ?

Retour à la source

Transhumance est un retour à la terre. C’est le fondement de notre départ. Tout commence par notre envie de renouer avec la nature, d’apprendre le travail de la terre, de rencontrer ceux qui la cultivent tout en y prenant soin. Nous partons donc en quête de fermes paysannes, individuelles, familiales ou communautaires. On  y propose notre travail en échange d’un toit, d’un repas et d’un apprentissage. Bon deal, non ? On n’a rien inventé, ça s’appelle le wwoofing.

Mais pourquoi ce mot, transhumance ?

On a longtemps cherché un nom évocateur pour titrer notre aventure. Le mot transhumance est apparu, telle une lumineuse révélation. Attardons-nous sur l’étymologie voulez-vous. Trans : de l’autre côté, en latin. Humus : la terre. Si on creuse un peu, nous y voyons un symbole, celui du retour à la terre. La transhumance n’est-elle pas le voyage d’un troupeau pour : 1) Rejoindre une zone où il pourra se nourrir ; 2) Retourner vers le lieu d’où il est parti ? A nos yeux de citadins, dont les ancêtres ont quitté un jour la campagne, cela sonne comme un retour à la source.

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Transhumance nous inspire le déplacement vers la terre, synonyme pour nous de nature, de nourriture, de ressourcement, de sobriété, et pourquoi pas de paradis ? En plein dans le sujet de notre voyage. En tout cas, ce mot nous a immédiatement parlé. Le choix est fait. Là. On profite donc de la saison estivale pour transhumer dans une aventure, peu commune, mais déjà vécue par beaucoup de néo-paysan.

À bicyclette

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Transhumance est un voyage. Pas celui d’un troupeau, mais le nôtre. Un voyage d’un an, à vélo et à travers l’Europe, aussi un voyage pour la vie ! Nous prenons ainsi le départ à bicyclette pour traverser la France et l’Europe à la rencontre de modes de vie plus naturels. On privilégie le transport doux, propre, lent, et suffisamment efficace pour parcourir le continent pendant un an environ. Quoi de mieux que le vélo ? Au diable l’avion et la voiture qui nous font perdre la tête et les rencontres improvisées !

Des Hommes et une Terre

Transhumance est une aventure. Celle de notre couple, formé par vos deux humbles serviteurs. Agnès et Louis, c’est nous. Un couple dans tous les sens du terme : deux, et amoureux. On marche ensemble sur le chemin de la vie. D’où notre « voyage d’une vie ». D’autant plus que nous sommes mariés ! Quelle folie allez-vous me dire. Que nenni ! Mais nous débordons ici sur un autre sujet…

Car Transhumance n’est pas notre histoire. Nous voulons que ce soit celle de la Terre, et de ceux qui en prennent soin, ceux qui la façonnent, qui la cultivent, qui la contemplent, qui essayent de la comprendre, qui l’écoutent… Mais puisque nous sommes les auteurs de ces lignes, nous ne pouvons que vous transmettre toutes ces choses à travers notre regard et notre sensibilité.

Transhumance est un regard. D’où un partage, outre de récits, portraits et réflexions, de quelques photos (et peut-être des petits films ?).

Transhumance est un éloge. De la beauté. La beauté de la Terre, de la nature, de l’humanité et de son environnement. Nous voulons partager avec vous tout ce que nous trouvons beau et naturel.

« Laudato Si ! » s’exclamaient Saint François d’Assise, et quelques siècles après lui, le pape François, émerveillés par les beautés de la Création. Nous cherchons nous aussi, en tant que chrétiens, à louer, contempler et prendre soin de cette nature qui nous entoure. Inspirés par la récente encyclique du pape, nous apprenons à endosser l’habit de gardien de notre « maison commune », plutôt qu’à nous considérer comme propriétaires.

Nous ne voulons plus vivre égoïstement, ne plus penser sans cesse à son propre confort. Nous ne voulons pas agir pour nous, rien que pour nous, pour notre santé et celle de nos propres enfants, mais pour la Terre et tous ses habitants. Sans exceptions. Pour l’humanité qui court vers sa propre destruction. Pour les enfants d’aujourd’hui et de demain. Oui à une écologie intégrale qui incite l’humanité à se reconvertir, à emprunter un chemin de transition plus harmonieux, à changer de paradigme, à habiter la Terre avec respect et bienveillance.

Voilà pourquoi notre transhumance est enfin un voyage pour une écologie intégrale. Agriculture, nourriture, éducation, santé, argent, transport, énergie, spiritualité et religion, gouvernance, relations humaines surtout!… : tout y passe. Nous n’allons pas seulement à la rencontre de paysans, mais de personnes qui ont décidé d’adopter un mode de vie plus éco-logique.

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Départ vers une autre vérité

Nous avons décidé de reprendre notre vie en main. Avant de construire un lieu de vie cohérent, terrain d’expérimentation et de partage, abris pour tout être-vivant, nous partons en quête d’apprentissage, à la rencontre du monde paysan, cet inconnu qui sonne pour nous comme une vérité. Derrière nos écrans, nos smartphones, nos volants, nos bureaux, nous consommons, « gagnons » notre vie, communiquons virtuellement, etc. Nous pensons maîtriser nos vies, parfois même celle des autres, alors qu’il n’en est rien. Ne serait-ce pas l’inverse ? N’est-on pas maîtrisé, encadré, gouverné, par ceux qui en détiennent le pouvoir ? Les réseaux sociaux nous sociabilisent-ils réellement ? La vérité n’est-elle pas ailleurs ? Nous partons à sa quête.

Savons-nous produire nous-même ce que nous consommons ?

« Aucun d’entre vous n’est plus capable de fabriquer les objets qu’il utilise quotidiennement », s’étonne l’un des personnages de Troisième Humanité, fiction de Bernard Werber.

Tournons la page en douceur

Pour ceux qui crierait au loup (pauvre loup qui n’a rien demandé), en s’exclamant : « Voilà encore des ayatollah de l’écologie ! » Nous répondons : « Nous ne sommes pas anti-quoique ce soit. » Agnès tend même vers le positivisme, l’optimisme à tout instant. Ici, pas d’anti-capitalisme. Nous ne sommes pas des opposants, ni des révolutionnaires. Bon, un petit peu quand même, au fond de nous-même… Nous constatons surtout que le système économique et social actuel touche à sa fin. Il est à bout de souffle, quand il n’est pas destructeur… Nous cherchons donc à avancer autrement, à tourner la page. Encore faut-il que ce soit la bonne page.

Charles Hervé-Gruyer, permaculteur de la ferme du Bec-Hellouin, l’annonce merveilleusement bien : « Entrer en transition n’est pas entrer en résistance. C’est inventer le monde de demain. »

Pour entrer en transition, pour inventer et bâtir le monde de demain, nous avons d’abord besoin d’apprendre de ceux qui ont déjà pris ce départ. D’où notre aventure, qui consiste à voyager de ferme en ferme. Pas n’importe quelle ferme, vous l’aurez compris. Et à notre retour ? Et bien… Carpe diem, voyons ! A chaque jour suffit sa peine. C’est notre tempo.

Place à demain, place à l’utopie réalisable.

« L’utopie n’est pas l’irréalisable, mais l’irréalisé. » Théodore Monod